Bon ben voilà. Ca y est. Sarkozy va être élu, ça ne fait plus beaucoup de doutes.
41% versus 36% et 18% au milieu, dont j'aurais fait partie. Et si seulement Bayrou pouvait appeler à voter à gauche, contre celui qu'il a décrié pendant des mois. Si seulement la proportion gauche/droite penchait d'avantage verrs la gauche? Mais non. Sarkozy va être élu, et j'espère sincèrement que tout ce que je prévois pour les 5 prochaines années ne se réalisera pas. Quelque part, j'espère que je l'ai diabolisé, mais aujourd'ui, je suis persuadée que non.
Alors il va falloir que je commence à me dire qu'il ne suffit plus de brasser des idées, et de discuter, toujours discuter. Je suis mineure ; je n'ai pas eu le droit de peser, alors la parole, c'est tout ce qui me restait. Tout en sachant qu'elle peut souvent être contre-productive. Mais là, il va falloir que je me fasse à l'idée que l'action politique n'est pas qu'un vain mot. Il va falloir que j'y croie et que je sorte un peu de mon cocon paisible.
Putain, mais comment je vais faire ?
Dieu sait que jusqu'à présent, je n'y croyais pas. Je regardais, parfois avec admiration, souvent avec sympathie, mais surtout avec du recul et un léger sourire, les mouvements, les actions des uns et des autres. Peut-être par paresse et hypocrisie, je ne dis pas le contraire. Peut-être en me disant que ces personnes seront toujours là pour agir, et que s'il y avait une bénéfice à en retirer, alors tant mieux, même si j'en doutais souvent. C'est tellement plus facile au fond, et je ne nie pas que j'ai pu être comme cela.
Mais là, je suis face à un président qui sait ce qu'il dit, qui pense ses propositions et qui a de l'assurance. Autant de qualités qui m'effraient. Il sait ce que dit son programme et l'appliquera dans ses grandes lignes. Je le crois "homme de parole" sur ce plan. Mais je ne veux pas de cette parole qui est à l'opposé de tout ce que je crois. M. Sarkozy est très clair, mais cette clareté me montre au contraire tout ce que je dois combattre.
Oui, il est celui que les Français ont élu. Oui, il a les votes et la démocratie pour lui. Mais l'élection de personnes est, à mon sens, l'un des risques majeurs de la démocratie, car il permet toutes les passions, toutes les influences, toute la démagogie et les manipulations, du côté des adversaires comme des partisans. Je l'accepte comme président, je n'ai pas le choix. Mais s'il tient parole, je n'accepterai pas qu'il détruise l'image que je me fais de la France.
Si je peux vous demander une chose, que vous soyiez ou non d'accord avec moi, c'est de me rappeler ce que j'ai écrit ce soir. Je ne sais pas comment je vais arriver à m'en sortir, d'autant que l'année qui s'annonce ne sera pas des plus tranquilles pour moi... comme pour beaucoup de monde, les études aidant. Et la tentation sera grande de me réfugier dans mes livres - ce que je devrai faire de toute manière - en me coupant du monde - ce que je veux à tout prix éviter. Je ne sais pas ce que je vais faire, ce que j'aurai les moyens de faire. Mais je veux avant tout rester vigilante et bouger, s'il y a lieu. Cesser d'être simple spectatrice d'un désastre annoncé.
Je me fais souvent ce genre de promesses, mais encore une fois, si je pouvais éviter de me décevoir moi-même, ça m'arrangerait.
Si vous pouviez faire mentir mes pronostics dans 2 semaines, vous ne pouvez pas savoir à quel point je vous en serais reconnaissante...
Et puis désolée pour la longueur et la monotonie de cet article...