Vendredi 27 avril 2007 à 19:53

Bon, allez, quittons un peu la politique - on en entendra suffisamment parler ces prochains temps - et les possibles destructions planétaires, pour un peu plus de quiétude... Non, mais franchement, vous vous rendez compte que depuis que je fais ce blog, j'ai perdu une bonne part de mes illusions et des mes espoirs pour tomber dans le gouffre du fatalisme... Tout cela ne va pas du tout.

Il faudrait peut-être que je me ressaisisse un peu. Je ne tiendrai pas 5 ans comme ça.

Alors pour détendre un peu l'atmosphère, j'aimerai juste dire que j'ai une chance incroyable. La chance de pouvoir faire ce que j'aime, d'avoir une famille et des amis tels que je les ai, de vivre comme je le fais et où je suis, d'être libre de penser, de parler, d'agir. Je vis la vie dont je rêve, dont j'ai rêvé.

Merci à tous ceux qui se reconnaitront. Vous ne pouvez pas savoir ce que vous m'apportez de vie et à quel point je suis heureuse de vous avoir. Peu importe la distance, les désaccords, les chemins... ce qui m'importe le plus en fin de compte, c'est de sentir que ce qui nous sépare n'est que superficiel. N'est qu'un point de vue différent sur une même réalité, sur la vie.

Pourquoi cette soudaine déclaration ? Parce que ce soir, je me sens bien, motivée. Parce que j'ai soif de tout ce qui m'entoure ; que j'aime ; que je suis entourée de personnes formidables ; et que peu importe l'avenir en fin de compte : il sera ce qu'il sera. L'important est que je puisse le vivre pleinement, avec eux, le vivre ou le faire vivre.  

Je vous préviens, je ne serai pas toujours dans cet état d'esprit, alors profitez en : demain, vous me retrouverez sans doute telle que je lui suis d'habitude, ronchon, légèrement blasée, et surtout, ne perdant aucune occasion pour vous charrier =) Vous êtes ce que vous êtes, mais faudrait quand même pas abuser.

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Mardi 24 avril 2007 à 18:28

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Lundi 23 avril 2007 à 18:45

Bon ben voilà. Ca y est. Sarkozy va être élu, ça ne fait plus beaucoup de doutes.

41% versus 36% et 18% au milieu, dont j'aurais fait partie. Et si seulement Bayrou pouvait appeler à voter à gauche, contre celui qu'il a décrié pendant des mois. Si seulement la proportion gauche/droite penchait d'avantage verrs la gauche? Mais non. Sarkozy va être élu, et j'espère sincèrement que tout ce que je prévois pour les 5 prochaines années ne se réalisera pas. Quelque part, j'espère que je l'ai diabolisé, mais aujourd'ui, je suis persuadée que non.

Alors il va falloir que je commence à me dire qu'il ne suffit plus de brasser des idées, et de discuter, toujours discuter. Je suis mineure ; je n'ai pas eu le droit de peser, alors la parole, c'est tout ce qui me restait. Tout en sachant qu'elle peut souvent être contre-productive. Mais là, il va falloir que je me fasse à l'idée que l'action politique n'est pas qu'un vain mot. Il va falloir que j'y croie et que je sorte un peu de mon cocon paisible.

Putain, mais comment je vais faire ?

Dieu sait que jusqu'à présent, je n'y croyais pas. Je regardais, parfois avec admiration, souvent avec sympathie, mais surtout avec du recul et un léger sourire, les mouvements, les actions des uns et des autres. Peut-être par paresse et hypocrisie, je ne dis pas le contraire. Peut-être en me disant que ces personnes seront toujours là pour agir, et que s'il y avait une bénéfice à en retirer, alors tant mieux, même si j'en doutais souvent. C'est tellement plus facile au fond, et je ne nie pas que j'ai pu être comme cela. 

Mais là, je suis face à un président qui sait ce qu'il dit, qui pense ses propositions et qui a de l'assurance. Autant de qualités qui m'effraient. Il sait ce que dit son programme et l'appliquera dans ses grandes lignes. Je le crois "homme de parole" sur ce plan. Mais je ne veux pas de cette parole qui est à l'opposé de tout ce que je crois. M. Sarkozy est très clair, mais cette clareté me montre au contraire tout ce que je dois combattre.

Oui, il est celui que les Français ont élu. Oui, il a les votes et la démocratie pour lui. Mais l'élection de personnes est, à mon sens, l'un des risques majeurs de la démocratie, car il permet toutes les passions, toutes les influences, toute la démagogie et les manipulations, du côté des adversaires comme des partisans. Je l'accepte comme président, je n'ai pas le choix. Mais s'il tient parole, je n'accepterai pas qu'il détruise l'image que je me fais de la France.

Si je peux vous demander une chose, que vous soyiez ou non d'accord avec moi, c'est de me rappeler ce que j'ai écrit ce soir. Je ne sais pas comment je vais arriver à m'en sortir, d'autant que l'année qui s'annonce ne sera pas des plus tranquilles pour moi... comme pour beaucoup de monde, les études aidant. Et la tentation sera grande de me réfugier dans mes livres - ce que je devrai faire de toute manière - en me coupant du monde - ce que je veux à tout prix éviter. Je ne sais pas ce que je vais faire, ce que j'aurai les moyens de faire. Mais je veux avant tout rester vigilante et bouger, s'il y a lieu. Cesser d'être simple spectatrice d'un désastre annoncé.

Je me fais souvent ce genre de promesses, mais encore une fois, si je pouvais éviter de me décevoir moi-même, ça m'arrangerait.

Si vous pouviez faire mentir mes pronostics dans 2 semaines, vous ne pouvez pas savoir à quel point je vous en serais reconnaissante...

Et puis désolée pour la longueur et la monotonie de cet article...

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Mercredi 18 avril 2007 à 21:32

Ma France                Jean Ferrat

De plaines en forêts de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
De ce que j'ai vécu à ce que j'imagine
Je n'en finirai pas d'écrire ta chanson
Ma France

Au grand soleil d'été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche
Quelque chose dans l'air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France

Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige
Et dont vous usurpez aujourd'hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France

Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont monsieur Thiers a dit qu'on la fusille
Ma France

Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes
Ils n'en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu'il est temps que le malheur succombe
Ma France

Leurs voix se multiplient à n'en plus faire qu'une
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
En remplissant l'histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France

Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstiné de ce temps quotidien
Du journal que l'on vend le matin d'un dimanche
A l'affiche qu'on colle au mur du lendemain
Ma France

Qu'elle monte des mines descende des collines
Celle qui chante en moi la belle la rebelle
Elle tient l'avenir, serré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France


Peut-être ces paroles vous sembleront niaises et sans intérêt. Tant pis. Portées par la voix du "moustachu", elles me semblent magnifiques, et surtout, dans une assez large mesure, conforme à l'idée que je m'en fait.

Publié par behindthewall

Mercredi 18 avril 2007 à 21:24

Complètement obsédée par la politique... Il faudrait peut-être que je calme un peu, c'est en train de me bouffer complètement. En même temps, ça y est, je me suis faite à l'idée que c'était sans espoir, qu'on allait devoir supporter M. Sarkosy pendant 5 ans. C'est déjà ça. Je n'aurai pas de mauvaise surprise le jour venu (si, une seule peut-être, si on a Sarkosy-Le Pen au 2e tour, ce que je me refuse encore à croire).

Tu disais Ella que j'étais extrèmement pessimiste en ce qui concerne une possible "dictature Sarkosy". Tu vois jusqu'à quel point je le suis ;) J'ai absolument perdu tout espoir.

Mais bon, je n'ai pas encore complètement perdu mon optimisme. Je ne ferai pas mentir l'étiquette que l'on m'a attribuée et je suis, je le répéte, toujours l'optimiste forcenée que vous connaissez. Je suis complètement optimiste en ce qui concerne l'avenir de la planète, les relations entre les hommes, mes amis et leur avenir... et puis au final, on s'en sortira, vous verrez. Je ne sais pas comment, mais on s'en sortira. Il y a toujours des moyens, toujours des gens de bonne volonté. Il y a toujours une lumière ou une issue de secours quand tout brûle. Il y aura toujours la beauté, l'amitié, l'amour. Et vous êtes priés de ne pas pouffer de rire parce que c'est ça seulement qui me permet d'espérer et par là, d'exister. Si je n'y croyais plus, à quoi bon ? Mais j'y crois, et avec raison. Ce sont sans doute les seules choses qui poussent les hommes à avancer, à progresser indéfiniment au lieu de régresser indéfiniment. Ce sont les seules choses qui resteront quand tout sera fini.

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