Lundi 25 juin 2007 à 21:18

M'énerve...

Je le connaissais bien ce morceau. Je le chantais bien, l'un des meilleurs morceaux que j'aie jamais chantés depuis que je fais du chant. J'avais progressé, je le sentais, et tout c'était très bien passé pour l'audition de samedi. Ma voix bien placée, les vibrations, les montées... tout allait très bien, je savais que ce que je chantais, je le chantais bien.



Arrivée détendue pour mon audition devant le directeur, zen. Je m'en foutais en fait. J'avais un peu faim et sommeil, mais ça allait.
On appelle mon nom. Je me lève, je monte vers la salle, je m'installe dans le creux du piano. Je sentais ma gorge se nouer un peu, mais je n'y faisais pas attention. Je commence.
Et là, mes jambes qui se mettent à trembler, à trembler. Je ne tiens plus debout, je dois m'appuyer contre le piano. J'essaie de me contrôler, en vain ; quand j'arrive pour quelques secondes à arrêter mes jambes de danser la gigue sous moi, c'est pour les laisser repartir de plus belle après. Je me demande comment je pourrais terminer mon morceau, et finalement je le termine, sans trop d'encombres, mais en n'ayant pas donné mon maximum. C'était "joli". Mais je n'avais pas complètement retrouvé cette poussée qui provient du fond de mon être, et qui me porte littéralement dans certaines phrases. Qui me fait sentir que je suis bien, que je me donne complètement, et que je peux le faire partager.

C'est trop bête.

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Dimanche 24 juin 2007 à 14:29

"Zadjal de l'avenir"      Aragon


Comme à l'homme est propre le rêve
Il sait mourir pour que s'achève
Son rêve à lui par d'autres mains
Son cantique sur d'autres lèvres
Sa course sur d'autres chemins

Dans d'autres bras son amour même
que d'autres cueillent ce qu'il sème
Seul il vit pour le lendemain

S'oublier est son savoir faire
L'homme est celui qui se préfère
Un autre pour boire son vin
L'homme est l'âme toujours offert
celui qui soi-même se vainc
Qui donne le sang de ses veines

Sans rien demander pour sa peine
Et s'en va nu comme il s'en vint

Il est celui qui se dépense
Et se dépasse comme il pense
Impatient du ciel atteint
Se brulant au feu qu'il enfante
Comme la nuit pour le matin
Insensible même à sa perte
Joyeux pour une porte ouverte
Sur l'abîme de son destin

[...]

L'avenir est une campagne
contre la mort Ce que je gagne
Sur le malheur C'est le terrain
Que la pensée humaine rogne
Pied à pied comme un flot parin
Toujours qui revient où naguère
Son écume a poussé sa guerre
Et la force du dernier grain

L'avenir c'est ce qui dépasse
La main tendue et c'est l'espace
Au-delà du chemin battu
C'est l'homme vainqueur par l'espèce
Abattant sa propre statue
Debout sur ce qu'il imagine
Comme une chasseur de sauvagines
Dénombrant les oiseaux qu'il tue

[...]

L'avenir de l'homme est la femme
Elle est la couleur de son âme
Elle est sa rumeur et son bruit
Et sans elle il n'est qu'un blasphème
Il n'est qu'un noyau sans le fruit
Sa bouche souffle un vent sauvage
Sa vie appartient aux ravages
Et sa propre main le détruit

Je vous dis que l'homme est né pour
La femme et né pour l'amour
Tout du monde ancien va changer
D'abord la vie et puis la mort
Et toutes choses partagées
Le pain blanc les baiser qui saignent
On verra le couple et son règne
Neiger comme les orangers

Publié par behindthewall

Dimanche 24 juin 2007 à 11:33

Petit coup de gueule face à un parti que je considérais il y a peu comme un parti intelligent, ou en tout cas, comprenant certaines personnalités intelligentes. Je suis peut-être naïve, mais je pensais sincèrement que le PS pouvait se rénover en douceur, tirer les leçons des défaites. Mais l'image que ce parti de gauche, le plus important de France, donne aujourd'hui est littéralement pitoyable, et je pèse mes mots.


    Doit-on reprendre en revue tous les déboires people et les luttes de pouvoir infantiles qui ont eu lieu depuis le soir du second tour des législatives ?
L'annonce de la séparation du couple Hollande/Royal, dont personne ne doutait de toute manière : mais qu'est-ce qu'on en a à foutre !! A voir les méthodes de communication du locataire de l'Elysée, j'en viens à croire que  véritablement la politique devient une lutte par "Voici" interposé et effets d'annonce répétés.
    Cet épisode ne fut que le premier d'une série de déclarations de Ségolène Royal qui me confirme dans l'idée que c'est une opportuniste irresponsable : et c'est elle qui se présentait face à Sarkozy... Le rejet des 35h généralisées et du SMIC à 1500 euros sont des positions tout à fait respectables, mais pas après avoir défendu ces mesures, les avoir intégrées dans son programme et en avoir joué à plein pour se rallier les voix de gauche. Quitte à jouer la comédie, on la joue jusqu'au bout ou on fait profil bas.
    Enfin, quand on se pose comme celle qui a tout fait et qu'on exige des garanties ( "j'ai suivi de très près la préparation du conseil, argue Mme Royal. J'ai voulu que le processus interne soit démocratique et il l'est. Les militants seront associés et consultés. Je serai très exigeante pour qu'il y ait des votes, chaque fois qu'ils ne seront pas respectés, je le dirai" puis "j'approuve donc le texte, mais je surveillerai de très près le déroulé") on a au moins la décence de faire acte de présence au conseil national de son parti.


Les luttes de tendance ont toujours été la norme au PS, et sous certaines conditions, c'est une force et une garantie. Mais quand ces luttes deviennent des luttes de clans et de pouvoir, elles perdent toute crédibilité. Je mets dans le même panier Hollande, Strauss-Kahn, Lang, Fabius et Royal qui pour moi ont montré ces derniers temps qu'ils n'avaient aucune conviction, à part peut-être Strauss-Kahn qui  s'est montré plutôt fidèle à lui même, mais assoiffé de pouvoir.


Tout ça n'est pas bien réjouissant. Que va devenir la gauche ces prochains temps ?

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Samedi 16 juin 2007 à 23:32

J'aimerais savoir pourquoi je n'ai pas le droit d'être émerveillée. Je dis ça sans aucune amertume même si je pense à 2 personnes en particulier, et plutôt avec un large sourire sur le visage quand je pense à la réaction que ces quelques lignes risquent de provoquer. Je voudrais savoir pourquoi je ne pourrais pas dire que la vie est belle même quand elle est nulle, que j'aime simplement marcher dans les rues à sentir le vent sur ma figure, que j'aime être dans une bibliothèque avec du thé et PLEIN de bouquins. J'aime me sentir vivante, c'est tout. Et je me sens particulièrement vivante ce soir.

Ce n'est pas parce que je me sens vivante que je n'ai pas des hauts et des bas... je les ai comme tout le monde. Mais là où je ne supporte plus mes bas, c'est justement quand je perds le désir presque boulimique d'avancer et de (me) bouger. Dans ces cas là, ça ne va vraiment pas bien. Mais mine de rien, quoiqu'il arrive, je le retrouve. Ca m'inquiète de le perdre, même provisoirement, c'est tout.

Mais quand je suis dans mon état normal, il n'en reste pas moins que oui, je suis une émerveillée de la vie, et que je ne veux changer pour rien au monde. Vous qui vous moquez (gentillement) de moi, si vous saviez le plaisir que je prends à  ouvrir une porte, un volume inconnu ; de discuter à bâtons rompus, de voir quelqu'un se profiler sur le quai d'une gare et de partir seule vers une destination qui me mènera au bonheur.

La vie est une trop grande folie pour être perdue.
 


Publié par behindthewall

Mardi 12 juin 2007 à 22:47

Etrange Etrange ...

D'abord, un week-end vraiment au delà de toutes espérances, merci aux personnes qui m'ont permis de m'échapper un peu, d'oublier tout, et qui ont été là. Juste là.



Sinon, est-il besoin de dire quoique ce soit sur le premier tour des législatives ? je ne crois pas... Le score est encore une fois sans appel, mais j'en viens à désespérer de mes concitoyens. Alors je crois que l'heure est venue pour une petite remise au point.

Je ne comprends pas qu'ils se laissent berner, qu'ils approuvent le strass et les paillettes, la bouffonnerie du jogging présidentiel affichés dans Voici, Gala et autres "journaux " que comme chacun sait, j'apprécie tout particulièrement ^^

Je ne comprends pas qu'ils ne soient pas révoltés par les traitements inhumains infligés à des étrangers sur notre sol ; par l'injustice et surtout la dangerosité des projets de loi à venir envers les mineurs, les patients en difficulté...

Je ne comprends pas qu'ils ne soient pas inquiets par l'accumulation impressionnante de pouvoirs dans les mains d'un parti : Présidence, Assemblée, médias (ok, TF1 n'était pas franchement un bastion de gauche, mais bon...), conseil constitutionnel, police etc etc. Je précise que je suis prête à en dire autant pour l'ère Mitterrand, à la nuance près que les médias étaient bien moins contrôlés qu'ils ne le sont maintenant.

Je ne comprends pas qu'ils laissent Fillon vomir la gauche, alors que  les attaques, certes violentes parfois, de la gauche pendant la campagne, visait Sarkozy et non pas toute la droite : heureusement que toute la droite n'est pas un danger pour la démocratie telle que je la conçois !

Je ne comprends pas qu'ils ne se rendent pas compte qu'on les mène en bateau : rapport de la police de Seine-Saint-Denis, opportunisme de certains centristes et PS que je ne nommerais pas, hagiographies et apologies de nos gouvernants par les principaux médias de masse.

Je ne comprends pas...




Publié par behindthewall

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