Dimanche 29 juin 2008 à 12:05

Cet article risque de donner des boutons à des prépateux sortant de concours ou encore en plein dedans, mais tant pis, je prends le risque.


Je viens de terminer un livre que je ne pensais pas pouvoir lire si proche de la fin des concours, après une overdose de livres, de fiches, et d'heures passées à la bibliothèque. Ce livre, c'est l'un des derniers Alberto Manguel, La bibliothèque, la nuit. Certains connaissent peut-être déjà cet auteur par ce livre, Une histoire de la lecture , une ode à la lecture faite par un passionné, une mine de culture éclectique et fouillée.  La bibliothèque, la nuit est écrit sous le même principe, et toujours avec la même passion, le même désir de faire partager des connaissances acquises pour le plaisir de la connaissance et de la compréhension du monde des livres, de son histoire.


Comme dans ses précédents livres, Alberto Manguel mêle son expérience personnelle de lecteur et fréquentant des bibliothèques avec des exemples historiques abordés avec une curiosité et une exaltation palpables. C'est une tentative pour couvrir, de manière évidemment subjective mais la plus large possible, ce que signifie une bibliothèque pour un lecteur, pour un conservateur, pour un peuple, pour un pouvoir, mais jamais de manière académique. Ce que réussit cet auteur dans tous les livres qu'il écrit, c'est de concilier une culture encyclopédique avec l'enthousiasme du néophyte qui se rend compte de tout ce qui lui reste à découvrir.
Il aborde les aspects les plus personnels de la fréquentation d'une bibliothèque, mais également la signification d'éléments objectifs qui nous paraissent aller de soi, comme la classification, l'organisation spatiale. En passant par des bibliothèques imaginaires que des auteurs ou des lecteurs inventent, ou encore par les usages politiques et la peur que les totalitarismes éprouvent envers les bibliothèques, il nous offre un panorama incroyablement fourni de tous les sens, cachés ou évidents, d'un lieu qui nous semble inscrit à jamais dans le paysage culturel d'une ville.


Alberto Manguel a également une écriture que je n'ai pas retrouvé ailleurs, un style toujours vivant, jamais empesé par les références qui sont pourtant en nombre. C'est un passionné qui s'adresse à des passionnés supposés, donc d'avance conquis, mais qui peut également convaincre les moins ardents défenseurs des livres, justement grâce à cette écriture, "par sauts et gambades".







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Dimanche 22 juin 2008 à 23:25

Allez hop, c'est parti. remuons un peu tout ça. Hors de question de tomber dans le blues du khagneux qui a intégré, quelles que soient les circonstances. Juste essayer de faciliter les choses petit à petit. Et de conserver l'esprit de mes faux ongles kitchissimes pendant encore quelques temps !





Petit aperçu de ma "liste de choses à faire" pendant les vacances
- dans l'immédiat, des expo à Paris : expo Zao-Wou-Ki à la BNF, expo Hokusai au Musée Guimet, le Louvre...
- les soldes : une robe de toutes les couleurs. Si si, je vais m'en acheter une :)
- recommencer à écrire, ma plume et mon clavier se sont rouillés...
- chanter et reprendre le violon. En réécoutant la Follia de Corelli, je me suis dit qu'il fallait que je sorte mon archet et mon violon du placard, juste pour le plaisir, juste comme ça. Savoir jouer des morceaux comme ça...
- lire des livres qui n'ont rien à voir avec un quelconque programme. De la socio comme je l'aime, hors de moi chiffres en tout genres... : Le Monde privé des ouvriers de Schwartz, La Société de cour et Mozart, sociologie d'un génie d'Elias. Puis de la littérature étrangère, russe en particulier (Soljenitsyne, Tolstoi, Dostoievsky), mais aussi américaine (Beloved de Toni Morisson). Et puis bien sûr Alberto Manguel, la Renaissance italienne et Terry Pratchett ;)
- commencer à apprendre l'italien (merci Marie !), juste pour voir.
- me mettre au sport (je ne veux pas entendre de rires moqueurs...) : nager, courir, peut-être même commencer l'escrime.
- conduire.....

Bref toutes ces choses que je n'aurai pas toujours le temps de faire, mais qui me permettent de revivre, de découvrir d'autres horizons que ceux si normés de la prépa.






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Vendredi 20 juin 2008 à 22:53


AAAAAAAAAA

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Jeudi 19 juin 2008 à 22:58

Il est 23h... Je ne sais pas depuis combien de temps je ne me suis pas couchée aussi tard. Sans doute pas aussi longtemps que ça, quelque part entre les écrits et les oraux. Mais ça me semble une éternité.

Comme 54 autres, je suis à la veille du jour auquel mes deux dernières années ont tendu. Certains pourront vivre cette joie 2 ou 3 fois : je me sens presque soulagée de ne le vivre qu'une fois. Que ça soit fini le plus tôt possible.

Demain, tout repartira comme avant ou tout sera différent. Aurai-je même le courage de repartir comme avant, rien est moins sûr. Il faut croire en sa bonne étoile.

Tic Tac Tic Tac.

Et ces vacances qui s'entrechoquent... je déteste le manque d'organisation...







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Mardi 17 juin 2008 à 14:14


Le concours est la fin de 2 voire 3 années de classe préparatoire, pourtant le jour venu fait l'effet d'une mauvaise blague. Comment est-il possible de se leurrer à ce point ?


Le khagneux avant les concours se meut en groupe. Il semble insensé d'aller s'enfermer dans sa tour de bouquins pour n'en sortir que le jour fatidique. Il est alors pris dans le paradoxe du double bind : il faut tout à la fois oublier et faire ce qu'il faut pour parvenir devant sa copie ou son jury le plus assuré possible. Les injonctions contradictoires sont multiples : oublier et se souvenir, se détendre et se concentrer, trier et ingurgiter. Le groupe est là pour résoudre cette tension. Il est un échappatoire et une motivation. En quelque sorte, on peut oublier que bientôt, on sera seul devant sa copie ; la dynamique du tout, le fait que les normes aient été si bien intériorisées, dispense de trop réfléchir.
D'autres cependant veulent abolir ce double lien et se consacrer entièrement à leur tâche, anticipant ainsi la situation réelle du concours.

Un 23 avril quelconque, l'illusion du collectif est brisée ; le chacun pour soi reprend le dessus. Peut-être est-ce de là que vient la surprise : seul, la vague conscience que ce que l'on écrit peut empêcher d'autres d'aboutir, que ce que d'autres écrivent peuvent nous empêcher d'aboutir. Il ne s'agit pas seulement d'être bon, mais de l'être plus que les autres. Mais on pourrait presque parler de refoulement à ce sujet : d'autres intérêts, affectifs en particulier, font obstacle à cette pleine prise de conscience.
Les dés sont jetés, chacun écrit ce qu'il a à écrire, dit ce qu'il a à dire.

La perception du temps est pendant 2 mois totalement bouleversée. Dix jours d'écrits interminables, se subdivisant en 6 heures qui passent en un instant (bien que l'épreuve de philosophie constitue une exception majeure), 8 heures de latence, dans un autre monde où les secondes pèsent sans marquer, 10 heures de sommeil profond qui tarde parfois à venir. Le rythme régulier des semaines précédentes est mis sans dessus dessous : l'heure du lever s'avance, le déjeuner est pris en deux, trois, quatre, cinq fois, l'après midi se passe, on tombe de sommeil à 21h. Puis, pendant un mois, on tente de reprendre une vie normale : leurre encore. Si oraux il y a, la journée toute entière se résume à 1h 30 dans un obscure bâtiment boulevard Jourdan, sur le campus de Cachan ou à Lyon : le reste flotte et gravite autour, est aussitôt oublié.

La situation de l'oral quant à elle peut être remplie de ruptures de cadre. On croit arriver devant un jury bienveillant qui chercher à voir jusqu'où le candidat est capable d'aller, on peut se retrouver devant des molosses cherchant à tester la capacité de réaction au stress. La surprise devant le sujet constitue une autre rupture de cadre. Dans tous les cas, le candidat va chercher à interpréter - voire surinterpréter - tous les signes de l'examinateur à partir de l'intériorisation des schémas typificatoires. Le moindre regard de côté va avoir une significaction pour lui, mais peut être pas pour le juré ; le hochement de tête, la prise de stylo pour écrire frénétiquement à un moment donné, la moue discrète mais visible... le khagneux a appris pendant 2 ans à les déchiffrer, avec plus ou moins de succès.


Publié par behindthewall

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