Dimanche 19 octobre 2008 à 22:09

Nuit d'insomnie, après une nuit de vie intense. Je danse encore la valse dans ma tête... Tchaïkovsky et Strauss m'accompagnent encore en fond pendant que je tourne et tourne autour d'un bassin aux Ernest rendu limpide par un subtile jeu d'éclairage.




Mais après une telle soirée, où l'on crapahute à droite, à gauche, pour trouver la bonne salle au bon moment, pour saisir l'instant de grâce, on ne finit par retenir que des flash. Des visages se détachent, des gens connus et appréciés, qu'on retrouve au détour d'un couloir avec le même plaisir. C'est sans doute à eux que cet article est dédié : Aurélie, Mathilde, Max, Jean-Baptiste, Pierre, Caroline, Xavier, Maxime... et à bien d'autres encore.

Une soirée où je me suis rendue compte avec surprise que je savais danser : la valse surtout, un peu de rock si une main secourable et amie se tendait vers moi, et non pas une main inconnue invitant n'importe quelle jeune fille dans l'assistance. Et puis loin de la piste, il y avait certains regards peut-être, plus ou moins moqueurs, plus ou moins ... La gêne et la coquetterie plus ou moins feintes, à dosage subtile.
Un rire, quelqu'un qui suit des yeux une robe, un autre qui s'assied en dépit de toute galanterie honnie, quelques cours impromptus de valse, "cachez moi, ya mon boulet qui arrive !!", un martini et un jus d'orange, une flûte de champagne gratuite, des tours de valse pieds nus dans le sable,"I don't speak with a french accent !!".

Si je devais prendre un ton un peu plus journalistique, je dirais que tous les ingrédients à une bonne soirée de gala (suivant ma très grande expérience) étaient présents samedi soir : un peu d'élégance mais pas trop guindé, de la musique pour tous les goûts ou presque, des amis au rendez-vous malgré une sacrée poisse... Un très bon coktail.
Malgré tout, je ne sais pas très bien comment rendre ce défilé d'images dans ma tête. Je ne retiens que des moments parfaits, belle réécriture a posteriori sans doute ; toujours est il que je n'arrive pas à dormir, me demandant encore ce qu'il y avait de si particulier à cette soirée pour moi.

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Samedi 11 octobre 2008 à 21:38

Ce soir, la nuit et la ville m'ont offert leur hospitalité.

En marchant dans les rues de Paris, le soir, alors que les lumières se font orangées, que les ombres s'entremêlent, j'ai parfois l'impression de me sentir hors de moi et comme transportée dans un rêve où je me regarderai agir. L'extérieur n'existe plus que pour donner prise à mes pas, à mes regards. Je marche au milieu des lumières festives ; je marche dans une rue plus étroite d'où on aperçoit en enfilade une église monumentale ; je marche en observant la couleur dorée et ombragée des feuilles des arbres dans les parcs, découvrant au hasard une vue nouvelle ou la lune qui se dévoile.


Légère, malgré ces talons qui me vieillissent et m'ampoulisent, je m'aperçois à peine du temps qui passe. Je regarde. J'essaie de voir. Les lampadaires alexiens illuminent d'un autre ton les livres des devantures, les gens qui passent, les immeubles impersonnels. On peut voir à travers les fenêtres du rez-de-chaussée des bribes de vies dont on ne sait rien, mais dont on imagine des éléments à partir de ces instants volés. On peut saisir le contraste entre les deux Montpanasse : celui résidentiel des ombres qui se pressent plus ou moins pour rentrer chez eux ; celui des cafés tapageurs aux lustres éclatants. On peut rêver de jazz en passant devant les bars, rêver de courir au milieu de la chaussée déserte, de s'y allonger , copiant des faits et gestes de héros d'un moment.

Mais je n'ai rien fait d'autre que marcher tranquillement, à petits pas, profitant de ces instants de solitude et de liberté où j'arrive à voir et à sentir plus que je ne le vois et sens pendant bien trop longtemps.



the golden night by ~devane-shelby



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Dimanche 5 octobre 2008 à 22:50

J'avais écrit un superbe article sur la vie et la manière de la vivre, mais tout est partieen fumée dans les méandres étranges d'internet... Je vous épargne donc un article pseudo-philosophant sans le vouloir qui partait en fait de ça :

“I wanted to live deep and suck out all the marrow of life, to live so sturdily and Spartan-like as to put to rout all that was not life, and not, when I had come to die, discover that I had not lived." Thoreau

Phrase qui me hante assez régulièrement (merci les poètes disparus...). J'essaie de l'interpréter à ma manière, le mieux que je peux.

Bref, tout ça pour dire que me voici arrivée au bout de trois semaines et demie de rentrée. J'ai vécu à 300 à l'heure, j'ai appris et découvert une manière de vivre, des gens, des lieux, du travail. C'est fou à quel point on peut vite s'acclimater à la liberté et à l'indépendance. Je me suis construit une sorte de cocon dans lequel je me sens chez moi et qui peut servir de refuge à tous les B/L et non B/L en perdition ou qui ont simplement besoin d'un bon thé (on ne se refait pas...).
Les musiques que j'écoute me font replonger dans l'année passée, avec un rien de mélancolie, surtout une envie que plus jamais ça ne recommence. Un vœu pieux comme tant d'autres : les concours reprendront, et reprendront encore, sous une forme ou sous une autre.


En attendant, la tête encore un peu dans les nuages :




En le relisant, cet article ne sert vraiment à rien... tant pis... une certaine personne trouvera au moins plaisir à regarder la photo ;)

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Mercredi 1er octobre 2008 à 1:18

Etrange l'effet que peut nous faire un film... On y va sans y penser, avec quelques scrupules de dépenser encore de l'argent pour voir un film dont la bande-annonce paraissait assez fade. Mais on y va, parce que c'est le soir, qu'on n'est encore jamais allée à la dernière séance du cinéma et qu'on aime bien se retrouver avec des amis, dans les rues de Paris.

Et puis d'un coup, j'ai eu l'impression que tout me sautait à la figure.

Pour replacer les choses dans leur contexte. La Belle Personne est un film adapté de La Princesse de Clèves. Une jeune fille, qui sort avec un de ses camarades de lycée, fou amoureux d'elle, craint de tomber amoureuse de son professeur d'italien. Mais comme la princesse de Clèves, elle refuse de mentir à son ami, de céder à la passion naissante et essaie de tirer ses sentiments au clair.
Je ne raconte pas la suite pour ceux qui n'auraient pas vu le film ni lu La Princesse de Clèves, mais que les autres sachent que la trame et les péripéties sont les mêmes, à quelques détails contemporains près.

          


La grande réussite de ce film est d'avoir su adapter un roman qui peut sembler assez loin de nos préoccupations dans un contexte qui nous est familier. Certes, l'ambiance de lycée du film ne ressemble pas beaucoup à ce que nous avons pu connaître vers 16-17 ans. Certes, l'histoire peut sembler poussée à l'extrême en particulier en ce qui concerne les réactions du "prince de Clèves". Mais en se plaçant dans un environnement délibérément étranger et un peu abstrait, le réalisateur a réussi à saisir le sens éternel de ce roman du XVIIe siècle (ça y est, je pars dans les grands mots, je devrais peut-être m'arrêter...). Ce n'est pas une cour ici, mais un monde d'adolescents ; pourtant, les questions sont les mêmes, les choix aussi. Tout est une question de choix.

Le jeu des acteurs est parfaitement en accord avec la manière de filmer de ce film. Tout en retenue, on pourrait pourtant lire sur leurs visages, comme le cadrage nous invite à le faire. On pourrait reprocher à ce film de trop en faire dans ce sens : ce serait pour ma part, le seul reproche. Mais ce jeu entre la réalisation et les acteurs parvient à jongler entre un idéal un peu lointain et une réalité triviale. L'idéal de Junie-Princesse de Clèves ne se tombe pas comme un cheveu sur la soupe dans la réalité des couples et liaisons plus ou moins avouées ; au contraire, il s'y fond, il ne prétend pas même être achevé. C'est juste une idée qui demeure plus ou moins dans toutes les têtes et qu'on arrive à retrouver dans les figures tiquées ou maussades des personnages. Le tout donne une atmosphère un peu années 70, un peu brumeuse dans le Paris des beaux quartiers.


Je n'aurais jamais cru pouvoir m'identifier à la Princesse de Clèves ou à une héroïne qui serait son double moderne. Et pourtant... Non pas que j'aie la vertu, l'honnêteté sans faille, la fidélité aux engagements qui la caractérise. Mais en voyant ce film, avec son ambiance si particulière, j'ai retrouvé les mêmes questions, parfois les mêmes réponses, qui m'avaient traversé l'esprit un jour.



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